Tarifs douaniers : le tango de Trump mine la confiance des entrepreneurs
Sitôt imposés, sitôt suspendus : savoir quels tarifs douaniers sont en vigueur et à quel taux peut donner le tournis. Et pendant que Donald Trump danse le tango avec ses partenaires commerciaux, au Canada, les entreprises directement concernées – même celles pour lesquelles les menaces de tarifs ne se sont pas concrétisées – cherchent à remplacer leurs partenaires commerciaux américains. Leur confiance est brisée, disent-elles. C'est du moins ce qu'affirment les groupes qui représentent les entreprises et les travailleurs de l'Ontario. Selon eux, une des conséquences les plus profondes de l'approche désordonnée du président américain a été de miner des décennies de confiance entre les deux pays. Selon M. Tisch, cette incertitude a poussé les entreprises de toute la province à planifier en fonction du comportement imprévisible de Donald Trump. Le président Trump promeut depuis longtemps les tarifs douaniers comme un moyen d'augmenter les revenus des États-Unis et de rapatrier des emplois. Depuis son entrée en fonctions, en janvier, il a menacé d'imposer des tarifs de 25 % sur la plupart des produits canadiens exportés aux États-Unis. Certains tarifs sont en vigueur, d’autres suspendus. Et le président a aussi imposé des tarifs douaniers généralisés de 25 % sur l'acier et l'aluminium, peu importe le pays d’origine. Le défi est immense pour les petites entreprises qui doivent s'adapter rapidement, selon la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). En conséquence, l'entreprise de crème glacée Chapman's dit avoir déjà rompu des liens avec des fournisseurs américains de longue date. Lana Payne, présidente nationale d'Unifor, et Dennis Darby, PDG des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, proposent quant à eux des pistes de solution pour l'avenir. Selon M. Tisch, Le PDG de la Chambre de commerce de l'Ontario a toutefois reconnu que les États-Unis demeureront le plus grand partenaire commercial du Canada. La stabilité doit donc être atteinte en renégociant l'accord de libre-échange entre les États-Unis, le Mexique et le Canada, a-t-il dit. Pour certaines entreprises, les conséquences sont déjà bien réelles. Le directeur de l'entreprise canadienne de crème glacée Chapman's a déclaré qu'il a déjà dû annuler des contrats avec certains fournisseurs américains de longue date en raison de l'augmentation des coûts. Les dirigeants de la compagnie de crème glacée Chapman's affirment qu'ils ont déjà changé leurs relations avec des partenaires américains. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / CBC La présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, estime qu'une des premières victimes de la guerre commerciale a été la bonne relation de longue date entre les États-Unis et le Canada. Lana Payne est la présidente nationale d'Unifor. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Mme Payne a indiqué que les gouvernements fédéral et provinciaux doivent créer des programmes pour aider les entreprises à effectuer la transition vers de nouveaux accords commerciaux avec d'autres pays. Elle ajoute que le fait de dépenser des milliards de dollars pour des projets d'infrastructure nationaux et de confier ce travail uniquement à des entreprises canadiennes représente une piste de solution. Dennis Darby, PDG des Manufacturiers et Exportateurs du Canada, a affirmé que les membres de son organisation ressentent Selon lui, les accords commerciaux fonctionnaient bien pour les entreprises de toute l'Amérique du Nord. M. Darby a souligné que l'incertitude créée par les tarifs douaniers – les menaces, les suspensions et les tarifs qui sont vraiment en vigueur – signifie que le pays devra non seulement éliminer les barrières commerciales interprovinciales pour aider les producteurs mais aussi construire un réseau de transport plus étendu d'un océan à l'autre pour faciliter le commerce dans le pays. La grande majorité de ces réseaux de transport vont du nord au sud. Nous devons commencer à réfléchir à des manières d'aller d'est en ouest. M. Darby rappelle qu’il a fallu des décennies pour construire les relations commerciales qui ont mené au système de production intégré entre le Canada et les États-Unis. En conséquence, s'en éloigner prendra aussi des décennies, selon lui. La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a indiqué que ses membres ont tenté d’augmenter leurs stocks de produits non périssables avant l’imposition de tarifs. Or ce n'est pas toujours une option. D'autres cherchent de nouveaux fournisseurs ou de nouveaux clients sur les marchés étrangers, ce qui prendra des mois ou des années, selon Corinne Pohlmann, vice-présidente principale à la défense des intérêts à la Fédération. La Fédération souhaite que l'argent récolté par les tarifs douaniers qu’a imposés le Canada en guise de représailles soit redistribué aux entreprises sous forme de réductions fiscales ou d'allègements de coûts. Mme Pohlmann a dit craindre qu'une autre série de prêts aux entreprises, similaires à ceux utilisés pendant la pandémie, ne fasse que repousser le problème. Avec les informations de Shawn Jeffords, de CBCLa Maison-Blanche s'est montrée peu fiable, indigne de confiance et désorganisée
, a déclaré Daniel Tisch, PDG de la Chambre de commerce de l'Ontario, en entrevue. Même si nous parvenons à un accord, il n'y a aucune garantie que plus tard dans son mandat, le président ne se retournera pas contre nous à nouveau.
On voit déjà des entreprises canadiennes retarder leurs investissements, chercher de nouveaux partenaires commerciaux en dehors des États-Unis et licencier des travailleurs
, a-t-il expliqué.Des relations commerciales qui s'effritent
on voit déjà des entreprises canadiennes chercher de nouveaux partenaires en Europe, en Asie et en Amérique latine, où nous avons des accords commerciaux et des pays qui valorisent réellement leurs alliances avec nous
, a-t-il expliqué.Mais en même temps, nous devons nous assurer de ne plus jamais être aussi vulnérables, et cela signifie qu'il faut diversifier les relations commerciales avec d'autres marchés et construire de nouvelles alliances
, a-t-il ajouté.
C'est malheureux. Nous faisons affaire avec certaines de ces entreprises depuis plus de 30 ans et nous sommes incroyablement fidèles à ces fournisseurs
, a déclaré Ashley Chapman, directeur de l'exploitation de cette entreprise. C'est dévastateur des deux côtés de la frontière.
Réveil brutal
Je pense que nous en sommes tous venus à comprendre que même si nous élaborons un [nouvel] accord commercial, la confiance est brisée
, a affirmé Mme Payne. Le Canada doit faire les choses différemment. C'est un réveil brutal.

Nous savons que nos villes ont besoin de transport en commun
, a-t-elle déclaré. Nous pouvons construire ce transport en commun ici même au Canada. Beaucoup de ces choses peuvent commencer dès maintenant.
De l'épuisement et de la frustration
de l'épuisement et de la frustration
devant cette situation.C'est quelqu'un qui essaie de résoudre un problème qui n'existe pas
, a-t-il déclaré à propos de M. Trump.Les petites entreprises à court d'options
Je pense que beaucoup peinent encore à comprendre quelles sont leurs options
, a-t-elle ajouté.De nombreuses entreprises ont encore une dette [de prêts contractés pendant la pandémie] et ne sont pas très enclines à en contracter davantage
, a-t-elle souligné.
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